Sunday, March 13, 2005

 

Grâce à G., dans les recoins nauséabonds de la politique arabe de la France



C'est plus par curiosité et goût de l'expérimentation que par appât du gain que nous avons installé les publicités que vous voyez ci-contre, fournies par le grand moteur de recherche californien dont la lettre commence par G. Cette compagnie dispose d'une technologie qui lui permet de trouver les pubs les plus appropriés au contenu de nos pages.

Même si nous ne cliquons jamais sur ces publicités de peur de nous faire enlever du programme, nous allons visiter, parfois, les pages de certains de "nos" sponsors.

Depuis l'assassinat de Rafic Hariri, nous parlons beaucoup, ici, de Liban, Hezbollah, Syrie. Le mot "France" revient naturellement très souvent. C'est donc fort logiquement que le site suivant est apparu dans nos pages : lasyrie.fr.

Nous sommes allés voir et ne le regrettons pas : le pire de la politique arabe de la France s'y trouve, aux frais des contribuables. (Nous vous suggérons aussi de lire notre texte relatif à un autre site Internet, celui de la Chambre de commerce franco-arabe : "La Chambre de Commerce Franco-Arabe et l'orthographe" du 30 janvier).

Ce "portail Internet France-Syrie" (qui a assez d'argent pour faire de la pub chez G. !) émane du Groupe sénatorial France-Syrie. Philippe MARINI, marini_philippe92035tqui n'est rien moins que le rapporteur général de la Commission des Finances du Sénat, est le président de ce groupe. Il a concocté pour le portail un petit mot de bienvenue dont certains extraits sont savoureux.

On y trouve bien sûr quelques minables clichés : "un pays situé au carrefour de l'Orient et de l'Occident par exemple". Marini nous parle d' "un grand pays, par l'histoire, par la géographie et par la démographie", ce qui montre qu'il est mal informé. Avec 16 millions d'habitants, la Syrie est un nain démographique. Mais le meilleur n'est pas là.

Le meilleur, c'est ça :

Car la Syrie, cela est trop souvent méconnu, a choisi de s'engager avec prudence, certes, mais avec ténacité, dans la voie de l'ouverture, de la libéralisation et de la modernisation. La France, par la voix du Président de la République, n'a cessé d'encourager cette bénéfique évolution. Loin de nous l'idée que tout, désormais, va pour le mieux dans le meilleur des mondes. La Syrie connaît des problèmes et n'a pas encore achevé son évolution.

Ce texte, Marini n'a pas eu assez d'à propos pour l'enlever après le 14 février (assassinat d'Hariri : s'agissait-il d'ouverture, de libéralisation ou de modernisation ?) ou même après septembre dernier quand Chirac se retournait contre ce "grand pays" (par la férocité, l'obscurantisme, la propension au pillage, dirions-nous). Alors il nous a laissé un bijou : car c'était ça la politique syrienne de la France, soutenu au plus haut niveau (Chirac disant à Bachar lors des obsèques de son père : une politique de lèche-culs hypocrites à coup de "prudence, certes, mais avec ténacité" et autres "n'a pas encore achevé son évolution". Il ne faut pas l'oublier. Nous ne l'oublierons pas.

Marini et son site sont des fossiles que nous, archéologues, sommes heureux d'étudier.

Nous en reparlerons...

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