Wednesday, May 25, 2005
Anti-France
La politique arabe de la France, telle qu'elle est menée par un petit club à l'Élysée et au Quai d'Orsay, c'est une expression de l'anti-France. Si vous êtes un vrai patriote français, que vous croyez aux valeurs profondes de la France et comprenez ses intérêts fondamentaux, cette politique ne peut que vous débecter.
Quatre faits de l'actualité des deux derniers jours viennent illustrer mon propos.
Fait numéro 1 : déclaration du porte-parole du Quai d'Orsay à propos de l'arrestation d'opposants en Syrie
Question : Huit membres du seul forum politique qui existe en Syrie ont été arrêtés ce matin, à l'aube. Avez-vous une réaction ?
Extrait de l'entrevue à Libération :
Question : Compte tenu de l'antiaméricanisme des Egyptiens, l'appui de Bush à la démocratie est-il une cause d'embarras ?
Réponse : J'accepte le soutien de quiconque défend la démocratie, que ce soit l'Amérique, la Russie, le Japon ou même la France. Ça m'est égal. Nous avons lutté seuls trop longtemps pour refuser une aide. Les Européens appuient aussi notre centre en raison de son action pour la démocratie. Lorsque j'ai été jugé pour avoir reçu des fonds de l'étranger et notamment de l'Union européenne, tous les ambassadeurs des Quinze sont venus me soutenir à mon procès et me voir en prison, à l'exception de celui de la France.
La France, la vraie, c'est un pays (parmi d'autres) ami des droits de l'homme et de la démocratie. Cette dimension est présente dans la fibre de très nombreux Français. Cette noblesse, cette grandeur, est absolument absente de la politique étrangère de la France dans le monde arabe. En prononçant cette phrase (la France est attachée au respect des Droits de l'Homme partout dans le monde), le porte-parole du Quai d'Orsay salit la France noble éprise de droits de l'homme. S'il y a bien une diplomatie dans le monde (je le dis avec tristesse) qui n'attache aucune valeur au respect des droits de l'homme, c'est bien la diplomatie française, et particulièrement dans cette région du monde que Bush appelle le Grand Moyen-Orient (mais aussi en Afrique, bien sûr). Et cela, les propos de l'opposant égyptien le démontrent admirablement.
Cette politique du mépris de la démocratie et des droits de l'homme, ce n'est pas la France, c'est le contraire de la France.
Revenons aux faits.
Fait numéro 3 : déclaration des 15 ministres des affaires étrangères de l'Union Européenne dimanche à Bruxelles
Un extrait :
La France, qui a interdit la diffusion d'Al-Manar TV, chaîne du Hezbollah chiite libanais, sur le territoire français, plaide pour son interdiction dans l'ensemble de l'UE, a annoncé dimanche à Bruxelles le ministre français de la Culture et de la Communication. Renaud Donnedieu de Vabres a indiqué avoir proposé que "l'Union se dote de moyens propres à empêcher des manoeuvres de contournement de telles chaînes, qui interdites dans un Etat membre, chercheraient à se placer sous la compétence d'un autre Etat membre pour continuer à diffuser leurs programmes." Après l'interdiction de la chaîne sur le sol français en décembre dernier, la France a en effet saisi la Commission et la présidence de l'Union afin que cette interdiction soit étendue à tout le territoire européen. «La réunion a mis en relief la mobilisation des pays européens sur ce sujet. Il a en effet été décidé de transposer juridiquement cette position française dans le cadre de la révision de la directive», a expliqué Donnedieu .
La France est capable d'orienter l'Europe vers son meilleur : ayant subi l'expérience Al-Manar sur son territoire, elle souhaite mener activement l'offensive pour empêcher la contamination sur l'ensemble du territoire européen. Le message de la France : il faut que l'Europe se protège de la propagande haineuse, intégriste et antisémite du Hezbollah.
Mais le même jour, dans la même ville (Bruxelles), la France pèse de tout son poids pour éviter toute référence au désarmement du Hezbollah dans la déclaration de politique étrangère relative au Liban (fait numéro 3). Seul le retrait syrien est évoqué. Le rôle de la France est évident dans cette étrange omission : les lecteurs de ce blog savent le peu d'enthousiasme de la France pour la deuxième partie de la résolution 1559, concédée aux Américains pour avoir leur appui sur la première partie (le retrait syrien). La France s'était d'ailleurs trahie dans la version française (traduite de l'original anglais) de la résolution.
Ainsi, la France tient à tout prix à ce que le venin télévisuel du Hezbollah soit épargné aux foyers européens, mais dans le même temps mène une politique (qu'elle parvient pour l'instant à imposer en Europe) qui permet à ce même Hezbollah de conserver ses armes, en violation d'une résolution de l'ONU que la France a elle-même co-parrainée (avec les États-Unis) ! Et il paraît que la France se préoccupe de la souveraineté du Liban. Que vaut-elle, cette souveraineté, avec sur son territoire un mouvement intégriste armé téléguidé de l'étranger (Syrie et surtout Iran) dont la France (la vraie, cette fois) ne supporte pas d'écouter les programmes télévisuels?
Je vais vous dire ce que vaut la souveraineté du Liban : à peu près autant que les droits de l'homme en Égypte et en Syrie.
Quatre faits de l'actualité des deux derniers jours viennent illustrer mon propos.
Fait numéro 1 : déclaration du porte-parole du Quai d'Orsay à propos de l'arrestation d'opposants en Syrie
Question : Huit membres du seul forum politique qui existe en Syrie ont été arrêtés ce matin, à l'aube. Avez-vous une réaction ?
Réponse : Sur cette question, nous avons appris, en effet, qu'il y avait eu en Syrie un certain nombre d'arrestations, celles que vous mentionnez et puis d'autres. Et nous suivons tous ces cas avec attention. Nous espérons la libération prochaine des personnes qui ont été arrêtées. Comme vous le savez, la France est attachée au respect des Droits de l'Homme partout dans le monde.
Fait numéro 2 : les propos sur la France de l'opposant politique égyptien et militant des droits de l'homme Saad Eddine Ibrahim.Extrait de l'entrevue à Libération :
Question : Compte tenu de l'antiaméricanisme des Egyptiens, l'appui de Bush à la démocratie est-il une cause d'embarras ?
Réponse : J'accepte le soutien de quiconque défend la démocratie, que ce soit l'Amérique, la Russie, le Japon ou même la France. Ça m'est égal. Nous avons lutté seuls trop longtemps pour refuser une aide. Les Européens appuient aussi notre centre en raison de son action pour la démocratie. Lorsque j'ai été jugé pour avoir reçu des fonds de l'étranger et notamment de l'Union européenne, tous les ambassadeurs des Quinze sont venus me soutenir à mon procès et me voir en prison, à l'exception de celui de la France.
La France, la vraie, c'est un pays (parmi d'autres) ami des droits de l'homme et de la démocratie. Cette dimension est présente dans la fibre de très nombreux Français. Cette noblesse, cette grandeur, est absolument absente de la politique étrangère de la France dans le monde arabe. En prononçant cette phrase (la France est attachée au respect des Droits de l'Homme partout dans le monde), le porte-parole du Quai d'Orsay salit la France noble éprise de droits de l'homme. S'il y a bien une diplomatie dans le monde (je le dis avec tristesse) qui n'attache aucune valeur au respect des droits de l'homme, c'est bien la diplomatie française, et particulièrement dans cette région du monde que Bush appelle le Grand Moyen-Orient (mais aussi en Afrique, bien sûr). Et cela, les propos de l'opposant égyptien le démontrent admirablement.
Cette politique du mépris de la démocratie et des droits de l'homme, ce n'est pas la France, c'est le contraire de la France.
Revenons aux faits.
Fait numéro 3 : déclaration des 15 ministres des affaires étrangères de l'Union Européenne dimanche à Bruxelles
Un extrait :
En ce qui concerne la mise en œuvre de la résolution 1559, (les ministres) ont pris note du retrait des troupes syriennes du Liban et de celui des services de renseignement qui reste toutefois à confirmer. Ils ont enfin réaffirmé leur soutien à la Commission d'enquête internationale indépendante sur l'assassinat de Rafic Hariri qui vient d'être formée conformément à la résolution 1595 des Nations unies.Fait numéro 4 : à la réunion de Bruxelles, la France milite activement pour l'interdiction d'Al-Manar en Europe.
La France, qui a interdit la diffusion d'Al-Manar TV, chaîne du Hezbollah chiite libanais, sur le territoire français, plaide pour son interdiction dans l'ensemble de l'UE, a annoncé dimanche à Bruxelles le ministre français de la Culture et de la Communication. Renaud Donnedieu de Vabres a indiqué avoir proposé que "l'Union se dote de moyens propres à empêcher des manoeuvres de contournement de telles chaînes, qui interdites dans un Etat membre, chercheraient à se placer sous la compétence d'un autre Etat membre pour continuer à diffuser leurs programmes." Après l'interdiction de la chaîne sur le sol français en décembre dernier, la France a en effet saisi la Commission et la présidence de l'Union afin que cette interdiction soit étendue à tout le territoire européen. «La réunion a mis en relief la mobilisation des pays européens sur ce sujet. Il a en effet été décidé de transposer juridiquement cette position française dans le cadre de la révision de la directive», a expliqué Donnedieu .
La France est capable d'orienter l'Europe vers son meilleur : ayant subi l'expérience Al-Manar sur son territoire, elle souhaite mener activement l'offensive pour empêcher la contamination sur l'ensemble du territoire européen. Le message de la France : il faut que l'Europe se protège de la propagande haineuse, intégriste et antisémite du Hezbollah.
Mais le même jour, dans la même ville (Bruxelles), la France pèse de tout son poids pour éviter toute référence au désarmement du Hezbollah dans la déclaration de politique étrangère relative au Liban (fait numéro 3). Seul le retrait syrien est évoqué. Le rôle de la France est évident dans cette étrange omission : les lecteurs de ce blog savent le peu d'enthousiasme de la France pour la deuxième partie de la résolution 1559, concédée aux Américains pour avoir leur appui sur la première partie (le retrait syrien). La France s'était d'ailleurs trahie dans la version française (traduite de l'original anglais) de la résolution.
Ainsi, la France tient à tout prix à ce que le venin télévisuel du Hezbollah soit épargné aux foyers européens, mais dans le même temps mène une politique (qu'elle parvient pour l'instant à imposer en Europe) qui permet à ce même Hezbollah de conserver ses armes, en violation d'une résolution de l'ONU que la France a elle-même co-parrainée (avec les États-Unis) ! Et il paraît que la France se préoccupe de la souveraineté du Liban. Que vaut-elle, cette souveraineté, avec sur son territoire un mouvement intégriste armé téléguidé de l'étranger (Syrie et surtout Iran) dont la France (la vraie, cette fois) ne supporte pas d'écouter les programmes télévisuels?
Je vais vous dire ce que vaut la souveraineté du Liban : à peu près autant que les droits de l'homme en Égypte et en Syrie.

