Sunday, June 12, 2005

 

Désarmement du Hezbollah : les États-Unis prêts à jouer dur?


Je note avec intérêt que certains aux États-Unis semblent avoir déjà pris acte de leur isolement face au sort des armes du Hezbollah. La France, pourtant co-parraine de la résolution 1559, ne pouvant être considérée comme un partenaire fiable et voulant sincérement le désarmement, il s'agit d'obtenir ce résultat en se passant de sa collaboration.

Ainsi, la Commission des relations internationales à la Chambre américaine des représentants (cette Chambre qui, en octobre 2004, avait sommé l'Union européenne de considérer le Hezbollah comme terroriste) a adopté jeudi, à l'unanimité, un projet de loi sur la 1559. Il appelle le gouvernement libanais à mettre en application l’ensemble de la résolution 1559 du Conseil de sécurité de manière à désarmer le Hezbollah, faute de quoi l’Administration américaine pourrait suspendre son assistance au Liban.

Le texte sera soumis au département d’État qui doit l’approuver avant de le renvoyer à la Chambre des représentants pour qu’elle le vote avant la fin du mois de juin.

La menace que la Chambre appelle à mettre en oeuvre pourrait être redoutablement efficace et mettre la France dans une position délicate. La dette de l'État libanais (40 milliards de dollars, de mémoire) est gigantesque par rapport à la taille de l'économie du pays. Elle a été contractée pour l'essentiel pendant la phase de "reconstruction" menée par Rafic Hariri dans les années 90. Destinées à reconstruire les infrastrucures endommagées ou détruites par la guerre, on estime que plus de la moitié des sommes empruntées se sont évaporées pour atterir sur les comptes suisses des Syriens qui contrôlaient le pays et de leurs alliés libanais. D'autre part, il est bien évident que la France n'acceptera jamais que, pour un "détail" (c'est ainsi qu'elle voit , au fond, la question du Hezbollah toujours armé), le Liban ne puisse concrétiser le redémarrage politique lié au départ de la Syrie avec un redémarrage économique qui nécessitera, c'est l'évidence, un soutien fort des pays riches (certains parlent d'un "Plan Marshall" pour le Liban dans la foulée des élections).

Sur cette question, la France et les États-Unis iront donc au clash, c'est certain. À prévoir pour l'automne.

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