Tuesday, June 07, 2005
Hezbollah : la poule et l'oeuf
De la branche armée et de celle qui s'occupe de questions sociales, laquelle est la force et le moteur du Hezbollah? Pourquoi un tel raz-de-marée électoral dans le sud du Liban?
La première raison de cette écrasante victoire vient évidemment de l'alliance des différents partis chiites dans cette région à majorité chiites. Mais au-delà, le poids du Hezbollah dans cette alliance est évidemment tres important.
Nous avons déjà eu plus d'une fois, dans ce blog, l'occasion d'évoquer le Hezbollah, et il y a fort à parier que nous aurons encore de nombreuses occasions de le faire. Un des éléments importants à son propos est, comme d'autres organisations terroristes, d'avoir, au côté de sa branche armée, une branche qui mène une action sociale aupres des défavorisés, qui constituent bien souvent le terreau le plus propice pour y implanter le terrorisme.
Quelle est donc la raison du vote Hezbollah? L'existence de réseaux sociaux qui permettent aux plus pauvres d'améliorer leurs conditions de vie ou la force d'opposition à Israël? La réponse à cette question n'est pas simple à priori et les deux éléments ont manifestement quelque chsoe à voir dans le phénomène.
Pourtant, l'équation est très simple. Si le soutien au Hezbollah lui vient de son action terroriste, alors il est urgent de le désarmer pour ne pas le laisser embraser la région, que ce soit dans un affrontement avec Israël ou bien même à l'interieur du Liban. Et dès lors, sa branche sociale sera mise à jour comme une machine à recruter des petits soldats pour sa cause. Si, par contre, c'est son action sociale qui lui donne le soutien de la population du Sud-Liban, alors rien n'empêche de le désarmer et de laisser une armée régulière libanaise veiller à la sécurité du pays, tandis que le mouvement continuera son oeuvre sociale, pourquoi pas même en collaboration avec le nouveau gouvernement libanais.
Mais de tout cela, il ne saurait etre question, comme nous le rappelle Libération aujourd'hui :
«La main, quelle qu'elle soit, qui voudrait se saisir de nos armes est une main israélienne qui devra être coupée. Si quelqu'un, n'importe qui, pense désarmer la Résistance islamique, nous le combattrons jusqu'à la mort.»
La citation est, bien entendu, du secrétaire général du Hezbollah, le très pacifique cheikh Nasrallah.
Peut-être parce que le "parti d'Allah" (Hizb-Allah, en français) se dégonflerait comme une baudruche privée de moyens de pressions sur que les gens qui votent pour lui. C'est en tout cas ce qu'on peut supposer à la lecture du Daily Star libanais. Ou peut-être même, parce que, au cours d'élections libres, démocratiques, et non jouées d'avance, les résultats seraient beaucoup moins évidents, comme on peut le penser à la lecture des données de la participation. Autant de bonnes raisons pour insister, aussi fermement que nécessaire, pour que le Hezbollah soit désarmé, en vertu de la résolution 1559. Comme le veulent les Etats-Unis, Et comme, logiquement, la France devrait le vouloir aussi, même si elle continue, par calcul, à prendre la direction opposée

