Sunday, July 31, 2005
Bernard Poletti, Ambassadeur de France en Iran
Le Journal officiel du 29 juillet 2005 publie la nomination de M. Bernard Poletti, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République islamique d'Iran, en remplacement de M. François Nicoullaud
(source : points de presse du Quai d'Orsay)
Le nouvel Ambassadeur en Iran a été précedemment Ambassadeur de France en Arabie Saoudite, Dans ce cadre, il a écrit, entre autres, un article pour le journal de la Chambre de Commerce Franco-Arabe. Car, manifestement, le commerce est un des points forts de Monsieur l'Ambassadeur. Alors qu'il n'est pas encore en poste en Iran, il a déjà un rendez-vous important dans son agenda :
5 Septembre - IRAN
Rencontre avec M. Bernard POLETTI, Ambassadeur de France à Téhéran, et M. Michel LALLEMAND, Chef de la Mission Economique de Téhéran
(source : MEDEF International)
Nul doute que le développement du commerce avec le plus grand nombre de pays possibles est un but très important du corps diplomatique. Mais, à cette fin, il y a un dirigeant de la Mission Economique dans le pays concerné. D'autant que, dans le cadre de l'Iran, faire des affaires ne semble pas devoir être le premier souci de l'Ambassade, mais bien la question du nucléaire. Ca tombe même sous le sens : il y a une contradiction flagrante entre l'évocation de sanctions contre l'Iran en cas d'échec des négociations sur le nucléaire et la volonté de vouloir investir là-bas.
Ce qui peut laisser penser :
- soit que la France croit fermement à l'aboutissement des négociations.
- soit qu'elle compte sur le fait qu'aucune sanction ne soit prise.
Laquelle de ces deux hypothèses est la bonne ? Je me garderais bien de donner un avis définitif sur la question. Mais, en lisant, sur le site du Nouvel Observateur, ce titre :
Nucléaire : ultimatum de l'Iran à l'UE
on se dit que les Iraniens, eux, savent quoi en penser.
On est aussi en droit de se demander ce qu'espère Chirac quand il déclare au quotiden Haaretz (voir les analyses déjà faites sur ce blog à propos de cet interview) :
Je souhaite qu'elle aboutisse (la négocation NdR) favorablement et élimine ce danger de prolifération. Si ce n'était pas le cas, alors il faudrait naturellement que le Conseil de sécurité se saisisse de la questionQue quelqu'un d'autre prenne des mesures sans compromettre la position de la France vis-à-vis de l'Iran, ou au contraire que quelqu'un d'autre que la France empêche la prise de sanction contre la République islamique ?
(Si j'osais, je demanderais même si ça ne jette pas une ombre sur les propos si aimables que tient Chirac à l'égard d'Israël tout au long de l'interview, ce qui, du coup, viendrait invalider la thèse du rééquilibrage de la position de la France au Moyen-Orient).

