Saturday, August 13, 2005

 

Iran : tragique erreur d'appréciation


Dans la crise nucléaire, les Européens se retrouvent dans la peau d'un joueur d'échec débutant et brouillon, faisant face à un adversaire iranien cent fois plus expérimenté. Que les coups préparés par Téhéran soient ou non anticipés, ils laissent la troïka (France, Allemagne, Grande-Bretagne) désemparée. Résultat : celle-ci donne systématiquement l'impression d'être en retard d'un coup.
Ainsi que :
Faute de pouvoir concrétiser leurs ambitions de négociateurs, les Européens ont malgré tout réussi à faire adopter leur résolution. Ils pourront toujours se consoler en constatant que, même avec la meilleure volonté du monde, on ne fera jamais boire un âne qui n'a pas soif.
De deux choses l'une :

1) Soit on savait que l'âne n'avait pas soif. Alors à quoi pouvaient bien servir les négos si ce n'est à faire bien paraître les Européens, qui pouvaient se montrer à la fois unis, fermes mais prêts à la discussion? Tout ça au risque de voir les Iraniens en profiter pour se renforcer.

2) Soit les Européens pensaient vraiment que l'âne avait soif. Alors il faudra bien qu'on nous dise un jour qui a commis cette très lourde erreur d'appréciation. N'y a-t-il pas, à Paris, Londres et Berlin, des gens bien payés dont c'est le métier de comprendre les buts, stratégies et tactiques des acteurs politiques mondiaux. N'y a-t-il pas des hommes politiques qui ont à assumer la responsabilité d'un tel échec de nos services de renseignement? N'y a-t-il pas des pratiques à remettre en cause?

Personnellement, je crois en l'hypothèse numéro 2.

Bien sûr, personne ne va parler de cette magistrale erreur d'appréciation des services secrets français, des analystes du Quai d'Orsay et des hommes politiques qui ont pris des décisions aussi graves. Vous savez pourquoi? Parce que la classe intello-médiatique abondait dans leur sens, parce que tout le monde était d'accord pour dire que les Iraniens, un peu difficiles certes, finiraient par être raisonnables.

Les deux classes dominantes, politique et médiatique, se couvrent mutuellement!

Je suis sûr que les négociations peuvent repartir à condition que les Iraniens décident de suspendre ces activités. C'est possible. La main reste tendue.

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