Thursday, August 11, 2005
Le double jeu de la France face à l'Iran
A la lumière des dernières analyses que nous avons faites, dans le cadre de ce blog, sur l'attitude de la France face à l'Iran, il me semble qu'une question légitime doit etre posée. La voici dans sa formulation la plus simple :
Si, comme j'en ai peur, la France essaye de ne pas saborder des marchés potentiels pour ses entreprises en Iran, est-ce que cela signifie qu'elle n'a que faire d'une Iran dotée de l'arme atomique et qu'elle est prête a prendre ce risque ?
Je crois sincèrement que non, que son jeu est plus subtil. Mais tout d'abord, un petit rappel : la France a mené tambour battant la campagne contre la guerre en Irak. Dominiaue de Villepin, alors Ministre des Affaires Etrangères a été applaudi par les représentants de tous les pays arabes à l'ONU, entre autres, pour son discours qui prenait les américains à contre-pied. Seulement voilà, si la sympathie du monde arabe était importante, les marchés irakiens ne l'étaient pas moins. Et le plus naturellement du monde, ce sont ceux qui ont fait la guerre en Irak, les américains en tête, qui ont pris la meilleure part du gateau économique, à commencer par les champs de pétrole irakien.
Afin de ne pas arriver à une situation dans laquelle les marchés iraniens lui échapperaient, la France aurait donc décider de jouer double jeu : elle annonce qu'elle saisira l'ONU, puis qu'elle ne le fera pas. Elle hausse le ton plus fort que les autres Européens, mais invite les entrepreneurs à rencontrer le nouvel ambassadeur en Iran et le répresentant de la Mission économique à Téhéran à une date à laquelle une crise devrait être amorcée. Sa stratégie serait donc de ne pas prendre les Etats-Unis ou qui que ce soit dans le monde occidental de front, tout en se gardant bien d'être l'initiateur de sanctions contre la Republique Islamique. En même temps, elle ne prend pas vraiment le risque d'un Iran doté de l'arme nucléaire : elle sait que les Etats-Unis et/ou Israël prendront les devants. Elle pourrait alors déclarer aux uns qu'elle ne s'est pas opposèe à eux et aux autres qu'elle ne leur a pas mis de bâtons dans les roues.
Si, comme j'en ai peur, la France essaye de ne pas saborder des marchés potentiels pour ses entreprises en Iran, est-ce que cela signifie qu'elle n'a que faire d'une Iran dotée de l'arme atomique et qu'elle est prête a prendre ce risque ?
Je crois sincèrement que non, que son jeu est plus subtil. Mais tout d'abord, un petit rappel : la France a mené tambour battant la campagne contre la guerre en Irak. Dominiaue de Villepin, alors Ministre des Affaires Etrangères a été applaudi par les représentants de tous les pays arabes à l'ONU, entre autres, pour son discours qui prenait les américains à contre-pied. Seulement voilà, si la sympathie du monde arabe était importante, les marchés irakiens ne l'étaient pas moins. Et le plus naturellement du monde, ce sont ceux qui ont fait la guerre en Irak, les américains en tête, qui ont pris la meilleure part du gateau économique, à commencer par les champs de pétrole irakien.
Afin de ne pas arriver à une situation dans laquelle les marchés iraniens lui échapperaient, la France aurait donc décider de jouer double jeu : elle annonce qu'elle saisira l'ONU, puis qu'elle ne le fera pas. Elle hausse le ton plus fort que les autres Européens, mais invite les entrepreneurs à rencontrer le nouvel ambassadeur en Iran et le répresentant de la Mission économique à Téhéran à une date à laquelle une crise devrait être amorcée. Sa stratégie serait donc de ne pas prendre les Etats-Unis ou qui que ce soit dans le monde occidental de front, tout en se gardant bien d'être l'initiateur de sanctions contre la Republique Islamique. En même temps, elle ne prend pas vraiment le risque d'un Iran doté de l'arme nucléaire : elle sait que les Etats-Unis et/ou Israël prendront les devants. Elle pourrait alors déclarer aux uns qu'elle ne s'est pas opposèe à eux et aux autres qu'elle ne leur a pas mis de bâtons dans les roues.

