Monday, August 15, 2005
Turbulences dans la zone chiite
Nous parlons peu de l'Irak. L'essentiel de ce qu'il y a à en dire au quotidien a trait aux combats et aux attentats. Dans le cadre de la politique de la France au Moyen-Orient, il n'y a donc absolument pas lieu de l'évoquer. Ceux qui veulent une vue de synthèse de la situation peuvent à loisir se reporter à de nombreux autres sites, Sur les développements sur le terrain ces jours-ci, on trouve par exemple une bonne synthèse, très courte, sur le blog de Ludovic Monnerat. Pour trouver une description "de l'intérieur", on peut aussi lire Free Iraqi ou Healing Iraq.
Mais en terme géopolitique, les développements de ces derniers temps entrent tout à fait dans le cadre de ce blog. En effet, on voit se dessiner, avec de plus en plus de netteté, ce que la presse dénome déjà "le croissant chiite" à savoir l'émergence d'un pouvoir, ou d'une participation accrue au pouvoir, des chiites de l'Iran au Liban en passant par l'Irak. Il est à noter, au passage, que la Syrie, dirigée par la minorité alaouite, n'a pas lieu de se sentir dépaysée dans cet environnement, vue sa proximité avec l'Iran.
L'analyse que j'avais faite, il y a six mois, de la montée en puissance du chiisme au Moyen-Orient, etait pleine de l'espoir que les chiites d'Irak seraient interessés à fonder un modèle de gouvernement pluraliste. Or, entre temps, l'horizon s'est énormément assombri : l'Iran, loin de continuer sur la voie de la réforme, a élu à sa tête un ultra-conservateur, et les chiites irakiens viennent de lâcher une bombe en se déclarant, pour l'un des deux grands partis, en faveur d'un fédéralisme qui leur laisserait la haute main sur les ressources, notamment pétrolière, d'Irak et qui leur permettrait de se rapprocher insidieusement de l'Iran d'Ahmadinejad.
Est-il temps de désespérer de l'avenir à court et moyen terme de la région? Je ne le crois pas. Mais de la conduite des grands acteurs internationaux peut dépendre l'issue du processus en court. Est-il besoin de le rappeler, deux visions s'affrontent : celle de Bush, d'un nouveau Moyen-Orient démocratique, qu'il semble dispose à obtenir au prix de la guerre. A l'opposé, la France, qui ne semble pas se soucier outre mesure de la transition démocratique de la zone chiite, s'oppose à tout recours à la force. Au point de ne pas vouloir désarmer le Hezbollah au Liban, et de continuer à negocier avec l'Iran alors même que ceux-ci ont repris l'enrichissement de l'uranium à Ispahan, en violation des accords de Paris. Face à la politique pleine de dangers des Etats-Unis (elle s'est retournée plus d'une fois contre eux par le passé), la France, elle, semble avoir optée pour une attitude dangereusement cynique dans laquelle on estime le gagnant entre les forces en présence et on pactise avec lui.
Si je me trompe, et que la France poursuit d'autres objectifs, elle pourrait servir de contrepoids efficace au bulldozer américain. Mais si ce n'est pas le cas, elle risque de ne faire qu'accélerer la radicalisation et, par là-même le risque d'embrasement, de larges zones du Moyen-Orient.
Mais en terme géopolitique, les développements de ces derniers temps entrent tout à fait dans le cadre de ce blog. En effet, on voit se dessiner, avec de plus en plus de netteté, ce que la presse dénome déjà "le croissant chiite" à savoir l'émergence d'un pouvoir, ou d'une participation accrue au pouvoir, des chiites de l'Iran au Liban en passant par l'Irak. Il est à noter, au passage, que la Syrie, dirigée par la minorité alaouite, n'a pas lieu de se sentir dépaysée dans cet environnement, vue sa proximité avec l'Iran.
L'analyse que j'avais faite, il y a six mois, de la montée en puissance du chiisme au Moyen-Orient, etait pleine de l'espoir que les chiites d'Irak seraient interessés à fonder un modèle de gouvernement pluraliste. Or, entre temps, l'horizon s'est énormément assombri : l'Iran, loin de continuer sur la voie de la réforme, a élu à sa tête un ultra-conservateur, et les chiites irakiens viennent de lâcher une bombe en se déclarant, pour l'un des deux grands partis, en faveur d'un fédéralisme qui leur laisserait la haute main sur les ressources, notamment pétrolière, d'Irak et qui leur permettrait de se rapprocher insidieusement de l'Iran d'Ahmadinejad.
Est-il temps de désespérer de l'avenir à court et moyen terme de la région? Je ne le crois pas. Mais de la conduite des grands acteurs internationaux peut dépendre l'issue du processus en court. Est-il besoin de le rappeler, deux visions s'affrontent : celle de Bush, d'un nouveau Moyen-Orient démocratique, qu'il semble dispose à obtenir au prix de la guerre. A l'opposé, la France, qui ne semble pas se soucier outre mesure de la transition démocratique de la zone chiite, s'oppose à tout recours à la force. Au point de ne pas vouloir désarmer le Hezbollah au Liban, et de continuer à negocier avec l'Iran alors même que ceux-ci ont repris l'enrichissement de l'uranium à Ispahan, en violation des accords de Paris. Face à la politique pleine de dangers des Etats-Unis (elle s'est retournée plus d'une fois contre eux par le passé), la France, elle, semble avoir optée pour une attitude dangereusement cynique dans laquelle on estime le gagnant entre les forces en présence et on pactise avec lui.
Si je me trompe, et que la France poursuit d'autres objectifs, elle pourrait servir de contrepoids efficace au bulldozer américain. Mais si ce n'est pas le cas, elle risque de ne faire qu'accélerer la radicalisation et, par là-même le risque d'embrasement, de larges zones du Moyen-Orient.

