Wednesday, November 16, 2005

 

L'Europe à Rafah grâce aux États-Unis


C'est donc maintenant certain, l'Union européenne va jouer un rôle au terminal de Rafah dont la réouverture est prévue le 25 novembre, suite à l'accord trouvé hier. Selon le Figaro, "Une mission composée de trente à cinquante observateurs européens sera déployée au poste frontière. Elle supervisera un «bureau de liaison», assurant une surveillance vidéo du passage de Rafah en temps réel." L'équipe sera dirigée par un général italien.
 
C'est une percée importante pour l'UE qui était jusqu'ici cantonnée dans son rôle de donateur. Toutefois, les circonstances ayant mené à l'accord israélo-palestinien sur la réouverture du terminal souligne plus que jamais la prééminence de la diplomatie américaine dans le réglement du conflit. Le Temps rapporte comment Condi Rice a tordu le bras d'Ariel Sharon :
 
Fatiguée mais contente, la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice a confirmé mardi la conclusion du premier accord israélo-palestinien portant sur le fonctionnement des quatre accès à la bande de Gaza. Arrivée dimanche soir en Israël pour représenter le gouvernement américain aux cérémonies du dixième anniversaire de l'assassinat d'Yitzhak Rabin, Rice s'est rapidement impliquée dans ces négociations qui piétinaient depuis deux mois.

Selon la presse israélienne, elle a tapé du poing sur la table et échangé des mots très durs avec Ariel Sharon avant de tancer Mahmoud Abbas au cours d'une visite éclair à Ramallah. Elle a ensuite reporté son départ pour la Corée du Sud et imposé une solution aux deux partenaires.

Surtout à Israël, qui sort perdant de cette affaire puisque Sharon à dû renoncer aux contrôles sécuritaires draconiens qu'il voulait imposer à Rafah (le point de passage entre la bande de Gaza et l'Egypte), à la gare routière de Karni (marchandises) et au checkpoint de Kerem Shalom (réservé aux non-Palestiniens).

À Rafah, les services de sécurité de l'État hébreu ne pourront pas, comme ils l'exigeaient, contrôler systématiquement les allées et venues des Palestiniens par l'intermédiaire de caméras vidéo. En outre, les observateurs européens qui superviseront le travail des douaniers palestiniens ne seront pas tenus de faire rapport aux Israéliens.

À Karni, le nombre quotidien de containers entrant et sortant de la bande de Gaza passera de 35 actuellement à plus de 400 en 2006. En outre, des douaniers palestiniens opéreront à Kerem Shalom, alors que Sharon ne voulait pas en entendre parler.
 
L'activisme de Rice, son soutien inconditionnel à Mahmoud Abbas, sa capacité à imposer des concessions à Ariel Sharon ne sont évidemment pas pour déplaire aux diplomaties européenne et française. Pour l'instant, que ce soit au Liban et en Syrie, à Gaza et face à l'Iran, jusqu'ici tout va bien entre les Américains et les Européens.
 


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