La France n'a pas réduit son niveau de représentation politique au sommet de Tunis comme on le pensait suite aux
hésitations des derniers jours :
c'est bien Thierry Breton, ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, qui dirigera la délégation française et non pas "seulement" son adjoint François Loos, ministre délégué à l'Industrie. Voici qui n'est pas exactement un message de fermeté adressé à Ben Ali et ses sbires.
Extrait AFP : "pour Eric Rouleau, ancien ambassadeur à Tunis, "les intérêts sont tellement importants en Tunisie que la France hésiterait beaucoup avant de prendre une mesure quelconque". L'ancienne puissance coloniale et premier partenaire économique de la Tunisie "a des concurrents", notamment les Etats-Unis, "et n'a pas envie de perdre ses positions très privilégiées", souligne-t-il. Il relève que les prises de positions du Quai d'Orsay, "pas très vigoureuses au début", se sont durcies progressivement "sous la pression des médias et de l'opinion", mais "ne comportent aucune menace, aucune perspective de mesure".
À noter que les États-Unis, "concurrents" de la France, sont eux beaucoup plus critiques de la situation des droits de l'homme dans ce pays. La France, dans sa concurrence avec les États-Unis pour l'influence dans le monde arabe, fait donc du "dumping" sur les droits de l'homme, espérant en obtenir des avantages concurrentiels qu'on peut qualifier de déloyaux et surtout malhonnêtes, immoraux et contraires à ses valeurs.
On the subject of the hunger strikers in Tunisia, obviously, it's a situation that we're following closely. Obviously, it's something of concern when you have prominent civil society activists who are forced or who believe it necessary to take such action. We believe that Tunisia has made considerable progress in economic and social reform and we look to it to match that with actions in the area of political reform and respect for human rights.
On the one hand, you've got some positive moves such as unblocking of opposition websites and release of some 40 political prisoners. On the other hand, you've got a number of ongoing concerns: restrictions on the broadcast media, restrictions on the activities of NGO, treatment of journalists that is -- that constitutes harassment.
And it's our view that in the run-up to the World Summit on Information Society that Tunisia has an opportunity to demonstrate clearly and unequivocally and leaving no doubt in anybody's mind its commitment to freedom of the press, its commitment to freedom of expression, and that the problems raised by these hunger strikers are problems that they should take advantage of this opportunity to address.
À comparer avec les propos de Chirac en décembre 2003 qui avait félicité la Tunisie pour ses "progrès" et avait estimé que "le premier des droits de l'homme, c'est de manger, d'être soigné, recevoir une éducation et avoir un habitat".
# posted by Emmanuel @ 4:18 PM
