Wednesday, November 16, 2005

 

Tunisie : l'ONU bien plus sévère que la France


"dénonciation", "profonde préoccupation" : un vocabulaire inconnu du Quai d'Orsay quand il s'agit de la Tunisie. Les experts onusiens n'ont pas ces pudeurs. Par exemple, ils ne demandent pas (comme le Quai) qu'une enquête "fasse la lumière" sur les violences perpétrées contre, entre autres, des journalistes. Ils savent très bien, eux, qu'il n'y a pas d'enquête à mener puisque ces agressions sont "perpétrées par les forces de l'ordre" (voir dernier paragraphe).
 
La France est bien isolée dans son soutien inconditionnel à la dérive policière de la Tunisie.

TUNISIE : DES EXPERTS DE L'ONU DÉNONCENT LES VIOLENCES PHYSIQUES PERPÉTRÉES PAR LES FORCES DE L'ORDRE CONTRE AVOCATS OU JOURNALISTES

A l'ouverture à Tunis du Sommet mondial sur la société de l'information, des experts des droits de l'homme se sont déclarés aujourd'hui préoccupés face à la détérioration de la liberté d'expression en Tunisie, ont dénoncé les violences physiques perpétrées par les forces de l'ordre contre des avocats ou des journalistes et appelé le gouvernement à respecter les libertés fondamentales.

Hina Jilani, Représentante spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, Ambeyi Ligabon, Rapporteur spécial sur la liberté d'opinion et d'expression, et Leandro Despouy, Rapporteur spécial sur l'indépendance des juges et des avocats, ont exprimé leur « profonde préoccupation » face à la détérioration de « la liberté d'expression, de réunion et d'association » et de « l'indépendance des juges et des avocats en Tunisie », annonce un communiqué publié aujourd'hui à Genève.

Dans leur communiqué, les experts font savoir qu'ils ont reçu « de nombreuses informations faisant état d'attaques répétées contre des organisations de défense des droits de l'homme et leurs membres y compris des associations de magistrats, ainsi que contre des journalistes et certains avocats ».

Ils dénoncent « les mises à l'amende, mutations forcées, atteintes à l'intégrité physique, arrestations, condamnations et emprisonnements d'acteurs de la société civile et de juges qui avaient voulu soulever publiquement des questions liées aux droits de l'homme dans leurs pays ».

Ils se déclarent aussi inquiets face aux informations faisant état « d'entraves à la liberté d'association et de réunion, notamment quant à la reconnaissance légale de l'existence de nombreuses organisations non gouvernementales et de syndicats qui se voient contraints d'opérer dans l'illégalité, les difficultés rencontrées par certaines organisations non gouvernementales (ONG) de défense des droits de l'homme pour accéder aux fonds étrangers destinés à leurs activités ».

Ils dénoncent aussi « l'interdiction systématique faite aux défenseurs des droits de l'homme, journalistes, juges et avocats de tenir leurs réunions, assemblées générales, congrès annuels ou séminaires ».

« Les experts ont reçu de nombreux rapports faisant état de l'encerclement des bureaux des ONG par les forces de l'ordre, voire du bouclage de quartiers entiers pour interdire l'accès aux dites réunions, ainsi que de la fermeture d'associations de magistrats », précise le communiqué.

« Ils expriment également leur plus profonde inquiétude à l'égard des informations reçues concernant les violences physiques perpétrées par les forces de l'ordre contre certains défenseurs des droits de l'homme, avocats et journalistes », ajoute le communiqué.

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